Développement des énergies renouvelables : La centrale solaire de Illoulofin à 60% de taux de réalisation (Le pari tenu en avril 2022)

Lancés il y a un an, les travaux de construction de la centrale solaire d’Illoulofin dans la commune de Pobè évoluent-ils conformément au délai contractuel ? C’est la réponse à cette préoccupation majeure qui a inspiré la visite de terrain du ministre de l’Energie, le mardi 30 novembre 2021. Pour cet exercice, Dona Jean-Claude HOUSSOU était accompagné du préfet du Plateau, Valère SETONNOUGBO et du maire de Pobè, Simon Adébayo DINAN. 


Encore quelques mois, et le Bénin pourra se doter d’une première centrale solaire d’envergure. Cette assurance a été donnée au ministre de l’énergie lors de sa visite sur le site de la construction de la centrale de Illoulofin. Sur-place, et après avoir parcouru toute l’étendue du site d’implantation de l’infrastructure, Dona Jean-Claude HOUSSOU a fait l’heureux constat que les travaux évoluent à grands pas. Au total, 60 % de taux d’avancement est noté, dont 20% sur la ligne d’évacuation et 33 % sur les postes de la Ceb.


Pour l’autorité ministérielle, c’est extraordinaire cette performance dans un contexte de covid-19, surtout quand on sait que cette pandémie a entraîné des retards de livraison ou de déplacement d’experts qui sont prévus dans le cadre de ce projet. Deuxième élément de satisfaction, le Numéro 1 de l’énergie au Bénin a aperçu que la qualité qu’il a toujours prônée est au rendez-vous de la meilleure des façons. A titre illustratif, il a insisté sur la rigueur qui est mise sur la question de la sécurité.


« Rendez-vous compte qu’après plus de trente-six mille (36 000) heures de travaux, il n’y a eu aucun accident avec arrêt de travail. C’est extraordinaire et ça doit se poursuivre. On voit également qu’il y a une organisation adaptée, rigoureuse pour pouvoir faire en sorte que les questions de sécurité soient au premier plan de l’exécution de ce projet d’envergure », a-t-il fait observer.


Dona Jean-Claude HOUSSOU s’est aussi réjoui du fait que les questions de contenu local soient bien au rendez-vous comme le nouveau code de l'électricité l’exige, puisque 80 % des travailleurs qui sont sur ce site proviennent de la localité environnante à moins de 5 km de rayon autour de cette centrale. « C'est très appréciable et ça confirme qu’à travers des projets de ce type, on peut non seulement utiliser des compétences locales, mais aussi les faire grandir à travers un certain nombre de renforcements de capacités sur ce chantier qu’on ne retrouve pas tous les jours.


C’est une très bonne nouvelle », a-t-il fait savoir. Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, le ministre de l’énergie a eu le plaisir d’annoncer que grâce à l’Agence française de développement et l'Union européenne, cette centrale verra prochainement sa capacité doublée dans le cadre du projet FORSUN. Elle passera de 25 mégawatts à 50 mégawatts. « C’est vraiment une bonne nouvelle qui traduit cette volonté du gouvernement à se positionner durablement sur les énergies renouvelables.


Pour la première fois dans notre pays, nous avons doté notre pays d'une Politique nationale de développement des énergies renouvelables. Avec cette politique, ce sont des éléments concrets comme celui que nous voyons aujourd’hui qui seront épaulés et renforcés par la construction de quatre autres centrales solaires à Parakou, Bohicon, Djougou et Natitingou », a-t-il insisté. Cerise sur le gâteau, le gouvernement du président Patrice TALON met aussi les moyens pour le projet Peder qui va permettre l'extension et la densification du réseau dans toutes les localités autour de cette centrale pour un impact encore meilleur de ce projet gigantesque.


« Dans l’ensemble, la dynamique est très bonne. J’avais des craintes, il y a quelques semaines, mais ce que je vois aujourd’hui me conforte dans le fait que le projet se déroule bien avec professionnalisme.  Je ne vais pas m'empêcher de rappeler une fois encore que mes exigences demeurent à savoir la qualité des travaux, le respect des délais jusqu'au bout, la prise en compte de l’environnement dans lequel ce projet se développe », a-t-il déclaré. Emerveillés aussi par l’aboutissement de ce projet majeur, le préfet du département du Plateau et le maire de Pobè se sont confondus en remerciements.


Remerciements à l’endroit du Chef de l’Etat, qui à travers son programme d’actions «Bénin révélé» dote cette localité d’une telle infrastructure. Remerciements aussi à l’endroit du ministre de l’énergie pour tout ce qu’il fait pour le développement de ce secteur éminemment stratégique et capitalistique. Valère SETONNOUGBO et Simon Adébayo DINAN ont, pour finir, promis de continuer par jouer leur partition jusqu’à l’inauguration du joyau en 2022.


Quid du projet Defissol ?


Avant cette visite de site, le ministre Dona Jean-Claude HOUSSOU a eu droit à une présentation du projet. A la manette, le gestionnaire de projet Marcellin BAGRI a fourni d’amples éclaircissements. Selon lui, cette centrale solaire est réalisée dans le cadre du projet Défissol dont l’objectif est de contribuer à la croissance économique du Bénin en aidant l’opérateur électrique à accroître ses performances et d’améliorer la qualité de service.


La mise en œuvre de ce projet, a-t-il indiqué, permettra de faire deux choses. Primo, il s’agit d’augmenter la capacité de productions en construisant ici une centrale solaire photovoltaïque de 25 mégawatts ; ce qui équivaut à alimenter 20 000 ménages soit plus d’un million de personnes. Secundo, il vise à moderniser les systèmes d’information de la société béninoise d’énergie électrique.


« C’est un gros ensemble avec deux volets, un volet système d’information et un volet production via la centrale solaire », a-t-il martelé. Les résultats attendus, a-t-il poursuivi, seront évidemment la construction de la centrale solaire de 25 mégawatts et la modernisation des systèmes d’information de la Sbee qui deviendra plus efficace. Le projet est financé par l’Union européenne et l’Agence française de développement pour 60 millions d’euros.


50 millions d’euros pour l’Agence française de développement sous forme de prêt et dix millions d’euros de la part de l’Union européenne sous forme de dons. La Société béninoise d’énergie électrique contribue avec 1 demi-million d’euros pour tout ce qui concerne les aspects environnementaux et sociaux. Le projet a démarré depuis 2017, La durée prévue pour la construction de la centrale est de 15 mois. Le projet privilégie l’utilisation de la main-d’œuvre locale et encourage la candidature féminine à tous les postes, pour mieux prendre en compte l’aspect genre, y compris les Postes sur lesquels on a l’habitude de voir les hommes.

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