4ème session du CSSPAG : Le secteur de l’énergie fait des bonds quantitatifs

Le ministère de l’énergie et ses structures sous-tutelles sont-ils au rendez-vous de la performance et de l’efficacité, notamment avec l’exécution des projets inscrits au Programme d’actions du gouvernement ? La réponse à cette préoccupation a été donnée lors de la 4ème session du Comité sectoriel de suivi du Programme d’actions du gouvernement (CSSPAG) qui a eu lieu le vendredi 10 septembre 2021 à l’Infosec à Cotonou. Au sortir de ces assises, on retient que le secteur de l’énergie a fait des résultats probants en l’espace de deux mois.

 

66 pour cents ! C’est le taux qu’affiche le ministère de l’énergie au titre de l’exécution des projets du Programme d’actions du gouvernement à fin août 2021. Les détails liés à cette performance ont été présentés aux acteurs le vendredi dernier lors de la quatrième session du Comité sectoriel de suivi du Pag. A la manette, le Directeur de la programmation et de la prospective, Hermann Zimé, chiffres à l’appui, a montré comment ces projets ont exécutés avec célérité. Le taux d’exécution physique, a-t-il indiqué, a augmenté de cinq points. Il est passé de 24% à 29%. Le taux d’engagement des ressources est passé de 42,81% à plus de 66%, soit un bond de 24%. Par contre, le taux de décaissement a connu moins d’évolution. Il est passé de 16% à 37%.


En termes de comparaison, Herman Zimé estime qu’on constate qu’à la même date l’année dernière, les performances ont doublé avec un taux d’exécution physique stagnant. Appréciant cette performance, l’autorité ministérielle a confié être partagée par deux sentiments. D’abord, des sentiments de satisfaction, parce qu’effectivement, comparé à la même période en 2020, le niveau de performance a été doublé. « Nous avons doublé l’exécution et l’efficacité dans la réalisation de nos projets.


Nous avons fait plus de 20 pour cents en deux mois, entre fin juin et fin août. Au niveau des décaissements, nous avons fait 37 pour cents. Ce qui montre que les performances sont globalement positives et intéressantes », s’est réjoui Dona Jean-Claude Houssou. Ensuite, son insatisfaction a notamment rapport au taux d’exécution physique. Pour lui, les 24% sont insuffisants quand on sait qu’il ne reste que trois mois pour boucler l’année. A cet effet et dans une dynamique de remédiation, il a décidé de créer une saine émulation au niveau de la coordination des projets. De ce fait, les coordonnateurs qui n’auront pas atteints les résultats attendus à date échue seront purement et simplement remerciés.


« J’ai insisté auprès des coordonnateurs pour que des mesures hardies soient prises pour aller encore plus vite et efficacement afin d’atteindre les objectifs de performance, surtout la réalisation de nos ambitions au profit de nos concitoyens. Je ne dois pas transiger sur la qualité des réalisations. C’est le denier public qui est en jeu et qui doit être au service de ces réalisations en respectant la qualité requise et les délais contractuels. C’est pour cela que challenger les coordonnateurs est important », a-t-il justifié. Le Directeur des études, de la planification et des projets de la Sbee Gérard Zagrodni aussi s’est réjoui de ces avancées notées. A l’en croire, les projets du Pag avancent assez bien. « Avec un projet comme Prera par exemple, on va apporter de l’électricité dans les zones rurales et péri rurale de 40.000 abonnés. Il y a donc à réaliser ces projets du Pag pour les populations, en particulier les industriels qui vont s’établir dans la zone de Glo-Djigbé et Sèmè. On apporte de l’énergie à ces industriels pour qu’ils puissent créer la richesse et de l’emploi. Ce sont des projets assez importants, et on est à 100% derrière le ministre de l’énergie pour leur réalisation », a-t-il confié. 


Le Peru évolue normalement


D’autres coordonnateurs de projet ont aussi rassuré de ce que tout évolue pour le bonheur des populations. Pour le coordonnateur du projet Peru, Sylvain Sèkloka, les indicateurs sont au vert. Le recrutement des bureaux de contrôle. Le recrutement des entreprises qui vont exécuter les travaux a beaucoup évolué. Déjà, tous les appels d’offres ont été lancés. Il y a deux grands appels d’offres. Le premier concerne l’électrification de 100 localités. Et le second concerne l’extension du réseau dans 76 localités. « Nous avons fini l’évaluation des offres. Nous n’attendons que le retour de la banque pour procéder à la signature des contrats pour le démarrage physique des travaux. Ils vont certainement démarrer d’ici Novembre. Nous avons également pris des dispositions pour l’indemnisation des populations. On a installé les comités locaux de gestion des plaintes. Les membres de ces comités locaux ont été formés.


Nous sommes donc prêts pour les opérations d’indemnisation qui vont démarrer le 25 septembre. Sur un ensemble de 24 marchés, nous sommes à une douzaine », a-t-il rassuré avant de donner une précision de taille. « Nous sommes à un taux d’exécution physique de 22 % et un taux de décaissement de 2,84%. Ces taux de décaissement vont connaître un boom dans les deux prochains mois. Puisque nous avons signé les contrats des Bureaux de contrôle, ils ont introduit les avances de démarrage. Nous allons les payer. Il y a aussi d’autres contrats tels que l’intermédiation sociale, l’audit comptable, etc que nous avons déjà signés. Bref, le projet évolue normalement. Nous n’avons pas de difficulté majeure. Le ministre s’implique personnellement chaque jour pour que ce projet ne souffre d’aucune insuffisance ».


Le projet PASE est exécuté à plus de 63%


Ganiou Sikirou , quant à lui, a donné des éléments de réponses par rapport au Projet d’amélioration des services énergétiques (PASE) financé par la Banque mondiale pour 36,12 milliards de francs CFA. Ce projet, a-t-il confié, est structuré en quatre composantes. La composante 1 est dédiée à l’amélioration des performances de la Sbee. Il s’agit de la mise en place d’un programme de protection des revenus. En effet, il n’est un secret pour personne que les recettes de la Sbee proviennent des gros consommateurs. Or, le système de facturation mis en place jusque-là laisse à désirer.

A travers ce projet, il sera acquis des compteurs intelligents dont l’utilisation sera gérée à distance par la société distributrice du courant électrique. Comme cela, la Sbee sera à l’abri des fraudes opérées par les gros clients qui sont les pourvoyeurs de ses ressources. « Donc, si ce programme est mis en place, il y aura une amélioration substantielle d’environ 10% des recettes de la Sbee », a-t-il certifié. La composante 2, a-t-il poursuivi, concerne la réhabilitation des réseaux de distribution dans les quartiers périphériques des grandes villes à savoir Cotonou, Porto-Novo, Parakou, et Natitingou. « Vous savez, au niveau des faubourgs de nos grandes villes, il y a l’érection des toiles d’araignée qui sont des réseaux de fortune. A travers ce projet, il y aura bon nombre de toile d’araignée qui seront éradiquées.


Et ça permettra une stabilité du réseau de la Sbee », a-t-il insisté. La troisième composante prend en compte la gestion des ressources forestières. « Souvent, quand on parle d’énergie, les gens ont tendance à penser seulement à l’électricité. Outre cela, il y a les produits pétroliers, la biomasse qui est grande partie utilisée par 50% des populations. Donc, si nous ne veillons pas à la régénération forestière, en accompagnant le ministère du cadre de vie qui est en charge des forêts, il arrivera un moment où l’approvisionnement en bois énergie sera difficile. Il y a tout un programme d’aménagement forestier qui est élaboré à travers ce projet et qui sera mis en œuvre », a-t-il fait savoir. La quatrième composante est une composante classique de tout projet. C’est le renforcement des capacités et aussi la gestion du projet. A fin août, le projet est exécuté a plus de 63%. Quant au taux de décaissement, il est à 47%. Quand on prend le Pta de cette année pour le projet, le PASE est à un taux d’exécution de70%. Le taux d’engagement des crédits affiche 95%, parce que tous les gros contrats ont été engagés. Les derniers sont en cours d’approbation par le ministre de l’économie et des finances. 


La contractualisation en cours avec Maria-Gléta 2


En ce qui concerne la construction de la deuxième centrale thermique de Maria-Gléta, le Directeur de la SBPE a rassuré de ce que tout est en route. Actuellement, l’étape de contractualisation a été franchie. Dans les prochaines semaines, ce projet va effectivement démarrer et permettre à Maria-Gléta de montrer sa capacité de production à plus de 270 mégawatts. « Ce projet est innovant parce que sur ce projet nous sommes allés chercher une technologie assez proche de la technologie utilisée sur Maria-Gléta 1, mais plus performante. Ce projet nous permettra d’atteindre l’objectif de sécurisation en approvisionnement électrique du pays jusqu’à l’autonomisation, mais aussi de stabiliser les coûts d’électricité pour le pays et de les maintenir assez bas pour permettre l’essor industriel du pays », a déclaré Emeric Tokoudagba qui voit l’avenir teinté d’espoir. « Vous savez, pour l’industrialisation du pays, il nous faut beaucoup d’énergie électrique. Le Chef de l‘Etat s’est engagé aux côtés du ministère de l’énergie pour que cette ambition soit une réalité d’ici les prochaines années. Le projet avance assez rapidement. Nous nous engageons dans cette dynamique pour atteindre les objectifs dans les délais », a-t-il fait observer.

Partager cet article sur :