Revue du secteur de l’Energie, exercice 2018 : Un bilan satisfaisant qui doit être amélioré

Ce vendredi 22 novembre 2019, le secteur de l’énergie a effectué sa revue pour l’exercice 2018. Les travaux se sont déroulés à l’Infosec de Cotonou en présence des différentes parties prenantes.

« Faire le suivi et le point de la mise en œuvre des mesures importantes prises et des réformes opérées et autres actions engagées au cours de cette année par le Gouvernement et celui du processus entamé, susceptible, non seulement de rendre plus performantes les entreprises du secteur, mais aussi d’attirer le secteur privé à investir dans le développement des infrastructures énergétiques…». Tel est le principal objectif assigné à la Revue du secteur de l’énergie, exercice 2018, tenue ce vendredi 22 novembre 2019 à Cotonou.

Et c’est d’ailleurs l’occasion pour le Directeur général des ressources énergétiques nouvellement promu, de saluer les prouesses de ce secteur avec des résultats élogieux. Assan Flinso Todeman a confirmé que la longue et sombre période de délestage est du passé, et qu’il faille maintenir le cap pour relever les prochains défis. Pour ce faire, six communications et deux panels ont permis aux participants de faire le tour des préoccupations inscrites à l’ordre du jour. Il a salué l’implication personnelle et significative du ministre de l’énergie, avec le soutien des Partenaires techniques et financiers.


Des résultats probants

Le co-chef de file du groupe des Partenaires techniques et financiers intervenant dans le secteur de l’énergie n’a pas dit le contraire. Pour Adrien Haye, cette revue sectorielle est « un outil de mesure, un miroir, de notre capacité collective et individuelle à appuyer le secteur dans sa mission fondamentale : fournir aux particuliers et aux acteurs économiques de l’énergie électrique en quantité et en qualité, à un prix soutenable, et contribuer au développement économique et social du Bénin ». Par conséquent, il a salué le Gouvernement pour avoir su prioriser le secteur de l’énergie qui reste un des leviers déterminants pour la croissance économique du pays. Et par ricochet un moyen pour réduire la pauvreté et améliorer les conditions de vie des populations. Il a rappelé les nombreuses réalisations et actions menées dans ce sens. Adrien HAYE pense que ce n’est pas le moment de dormir sur les lauriers. Il faut poursuivre sur cette dynamique en vue d’inverser complètement et durablement la bonne tendance observée de plus en plus dans le secteur.

Pour le ministre de l’énergie qui a ouvert les travaux, le droit à l’énergie fait partie des droits fondamentaux de la personne humaine, parce que l’accès à l’énergie conditionne la satisfaction de ses besoins fondamentaux. A en croire Dona Jean-Claude HOUSSOU, le Gouvernement du Président Patrice TALON a fait du secteur de l’énergie une de ses priorités. Ce qui justifie l’enveloppe financière de près de huit cents (800) milliards de francs CFA réservée dans le PAG 2016-2021 à cet effet. Et les résultats ne sont pas des moindres. Notamment « l’augmentation significative de la capacité propre de production d’électricité qui est passée de 0 à près de 160 MW grâce à la construction de la centrale thermique de 127 MW de Maria Gléta et à la réhabilitation des centrales électriques de la SBEE à Porto-Novo, Parakou et Natitingou pour une capacité disponible de 30 MW, la démobilisation complète des centrales électriques en location pour une puissance totale de 180 MW qui étaient destinées à sécuriser la fourniture de l’électricité en terme de mesures d’urgence ( ce qui est une première dans notre pays), la poursuite des négociations avec des IPP ( producteurs privés Indépendants ) pour la construction à Maria Gléta d’une centrale thermique de 127 et 25 MW, le démarrage des travaux de réhabilitation de la centrale hydroélectrique de Nangbéto (65 MW sur le fleuve Mono), la mise en service de microcentrales solaires photovoltaïques dans différentes localités, la poursuite de la mise en œuvre des projets de construction de centrales solaires photovoltaïques (Defissol 25 MW à Pobè avec l’appui de l’AFD et de l’Union Européenne dont les travaux démarreront dans les prochains mois et IPP (producteurs indépendants) solaire 50 MW sur quatre sites (Bohicon, Parakou, Djougou et Natitingou) pour lequel la pré-qualification des entreprises est achevée et le lancement du dossier d’appel d’offres est en cours).


*L’espoir est permis*

Sans oublier la signature avec le Groupe Total d’un accord cadre pour la construction d’une unité flottante de stockage et de regazéification (UFSR), suite à un appel d’offres international, pour garantir l’approvisionnement en gaz des centrales thermiques, l’élaboration en cours d’un dossier d’appel d’offres en vue de la réalisation en BOOT ( Construire, Posséder, Exploiter et Transférer) du projet d’aménagement hydroélectrique multifonctions de Dogo bis de 128 MW sur le fleuve Ouémé, l’achèvement de la construction de la ligne haute tension d’interconnexion 161 kV Parakou-Bembêrêkê-Kandi-Malanville, après celle d’Onigbolo-Parakou, la poursuite de la construction de la ligne d’interconnexion dorsale sud 330 kV Bénin-Togo-Ghana et le lancement de la construction de la ligne d’interconnexion 330 kV dorsale nord Nigéria-Niger-Bénin/Togo-Burkina… ». Aussi, « la réforme de la Communauté Electrique du Bénin (CEB), la révision en cours de la loi portant code de l’électricité en République du Bénin, l’adoption du Plan Directeur du secteur de l’électricité à l’horizon 2035, l’apurement des dettes et créances Etat/SBEE, la signature d’un contrat plan entre l’Etat et la SBEE, la généralisation des compteurs à prépaiement et mise en place d’un mécanisme de paiement régulier et par anticipation des consommations d’énergie électrique de l’administration publique et des collectivités territoriales, l’adoption de la politique nationale pour l’électrification hors-réseau, l’adoption du Plan Directeur pour l’électrification hors-réseau, la signature du contrat de gestion de la SBEE et sa mise en œuvre effective, la mise en place du paiement électronique des recharges de crédit de consommation d’électricité… » sont-ils autant d’actions menées qui permettent au secteur d’entrevoir un avenir radieux. Et au regard des suggestions et recommandations faites à l’issue des travaux, le doute n’est plus permis.

Au terme des travaux, il a remercié tous les Partenaires Techniques et Financiers, (MCA-Bénin II, BID, BM, PNUD, UEMOA, UE, AFD, BEI, BAD, GIZ, KfW, BOAD, BIDC, SNV, etc. on en oublie certainement.) pour leurs sollicitudes de tous les instants, et confirmé que l’espoir est permis.


Ils ont dit…

Serge AHISSOU (membre du Conseil National de l’Autorité de Régulation de l’Electricité et Président du Présidium de la revue )

Je sors des travaux très satisfait. C’est un honneur et un bonheur d’y prendre part. J’ai été choisi par mes pairs comme président de présidium. J’ai dirigé les travaux avec satisfaction et joie. Ceci m’a permis de mieux comprendre l’activité pour laquelle le Chef de l’Etat nous a désignés. Je comprends désormais de quoi il s’agit. J’en sors très aguerri et je félicite le ministre de l’Energie dont je reconnais le dynamisme. Je l’encourage à continuer et je le remercie pour son amitié et sa fraternité. En tant que membre de l’ARE (Autorité de Régulation de l’Electricité ) , j’ai l’obligation de défendre de façon juste et impartiale tout le secteur de l’énergie, de défendre les consommateurs également. Nous avons prêté serment devant la Cour Suprême. C’est dire que le Chef de l’Etat accorde une importance capitale à l’ARE qui doit veiller au bon fonctionnement du secteur de l’électricité en toute impartialité. Les effets se font déjà sentir sur le terrain. Les Béninois oublient déjà le délestage et les désagréments liés à cette situation. En tant que membre de l’ARE, je peux rassurer les populations que le Chef de l’Etat leur prépare un avenir meilleur.


Assan Flinso Todeman (Directeur général des ressources énergétiques)

Il a été question d’évaluer le chemin parcouru afin de pérenniser les acquis et anticiper sur le futur. Toutes les parties prenantes dans le domaine de l’énergie (PTF, ONG, techniciens, cadres de l’administration et diverses personnalités etc.) étaient représentées pour les besoins de la cause. Dans le Zou par exemple où les coupures d’électricité étaient courantes, la situation se normalise de plus en plus. Et c’est le lieu de dire merci au Président Patrice TALON et à son ministre de l’Energie qui se bat nuit et jour avec ses collaborateurs pour rendre le secteur performant. Avec lui, la centrale thermique de 127 MW de Maria-Gléta est désormais une réalité. Elle a été livrée avant terme avec une économie importante sur les fonds prévus. Ce reliquat devrait servir à autres choses. En outre, le Bénin constitue aujourd’hui un grand carrefour en matière d’énergie au sein de la Cedeao. Il abrite même le siège du centre de distribution du marché de l’énergie de toute la sous-région et le Système d’Echange d’Energie Électrique de l’Afriqur de l’Ouest (SEEEOA ou WAPP en anglais comme West African Power Pool). Le Bénin est désormais un grand et respectable pays dans l’espace Cedeao en matière d’énergie électrique. Ce qui est bien louable!

Encadré

Un bon cru, mais…

La Revue du secteur de l’énergie, exercice 2018, tenue le vendredi 22 novembre 2019 à Cotonou s’est achevée sur une note de satisfaction générale. Et sans fausse modestie, le ministre de l’Energie s’est félicité des résultats obtenues, et reste exigeant sur ce qui reste à faire. Selon Dona Jean-Claude HOUSSOU, cette revue est un bon cru à maints égards. En 2016, le taux de réalisation des recommandations de précédente revue était de 36%, contrairement aux 91% obtenus pour cette revue pour le compte de 2018. Ce qui traduit qu’en l’espace de trois ans, les performances ont quasiment triplées. La dynamique se déroule de manière satisfaisante, et prouve que les choix faits dès avril-mai 2016 sont des choix pertinents, justes et réalistes. Car l’énergie doit être désormais au Bénin un intrant majeur disponible en quantité, en qualité et à l’heure, en tenant compte des préoccupations environnementales et à un coût abordable. Pour lui, le sous secteur de l’électrification rurale qui est le parent pauvre des systèmes électriques en Afrique sub-saharienne retient particulièrement l’attention du Gouvernement. « En septembre 2018, un pas majeur est fait par le Gouvernement à travers le décret sur le cadre réglementaire de l’électrification hors réseau. Ce qui est de nature à mieux clarifier le sous secteur, mais aussi à rassurer et à attirer plus d’investisseurs pour accélérer l’électrification rurale dans notre pays. Ainsi, cela va permettre à nos concitoyens des zones rurales de vaquer à des activités génératrices de revenus, de renforcer la sécurité des localités rurales et soutenir des activités sanitaires. Donc d’améliorer leurs conditions de vie ». Cependant, malgré les bons résultats obtenus, le ministre de l’Energie a exprimé son insatisfaction quant à la tenue de la revue de l’année précédente dans le second semestre de l’année en cours. Dès lors, il a jeté un pavé dans la marre en annonçant par anticipation (et c’est une première fois dans le secteur) la date de la prochaine revue pour le 15 mai 2020. Comme quoi les temps changent vraiment dans notre pays !

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